
Édition 2027 – Michel Poinsignon
MAÎTRE MARTIN
« A la sortie de l’hiver, les parades du martin-pêcheur annoncent le printemps sur la rivière qui lentement se réveille, sous l’éclosion des premiers bourgeons. Chaque nouvelle saison est alors un prétexte pour retourner arpenter ce coin de nature en le redécouvrant avec toujours autant de plaisir, espérant renouveler mes rencontres avec Maître Martin, mon oiseau de prédilection.
Le temps … C’est bien le temps qui a été l’ingrédient essentiel, l’élément déterminant, celui-ci se transformant alors en allié dans ma quête d’images. Le temps ineffable à guetter, dissimulé derrière le maillage serré de l’affût, le temps incertain à épier tous les mouvements du martin-pêcheur sur ce pan de rivière ou encore le temps indéfinissable à m’immiscer jusque dans son intimité ; c’est le temps, enfin, qui, ponctuellement, a joué en ma faveur. En vivant au plus près de cet oiseau fascinant, le temps a finalement fait de moi un hôte privilégié, un témoin authentique de nombreuses scènes de son quotidien … »
Michel Poinsignon

Enseignant à l’école élémentaire de Guentrange à Thionville, puis directeur de l’école, je suis depuis cinq années à la retraite. La nature a depuis toujours occupé une place prépondérante dans ma vie ; dans ma vie d’homme passionné mais aussi dans ma vie de pédagogue par la transmission à un jeune public que j’ai côtoyé tout au long de mon parcours professionnel.
J’ai décidé de profiter de mon nouveau statut de retraité et de ma plus grande disponibilité pour dorénavant partager mes images dans le cadre de festivals Nature.
Depuis mes premiers pas au contact de dame nature, à l’âge de quinze ans, lors de l’achat de ma première paire de jumelles, je suis resté l’enfant contemplateur, aux yeux écarquillés qui s’émerveille avec fascination à chaque nouvelle rencontre de vie sauvage. Loin des trépidations des vies urbaine et professionnelle, et des maux qu’elles génèrent, l’immersion dans la nature a sur moi un effet apaisant et relaxant. J’éprouve souvent le besoin de faire une pause, je suis alors comme dans une bulle, le temps d’un instant, pour me soustraire peut-être à ce monde pesant, pas toujours porteur de rêve. L’échappatoire est belle et tous les sens sont en effervescence à chaque nouvelle sortie, à chaque nouvelle rencontre de vie sauvage. J’aime me fondre dans l’environnement, devenant transparent, et m’immiscer alors dans l’intimité de l’espèce observée, sans la déranger, en savourant ces instants d’émotion irremplaçables. C’est dans cette nature que j’aime me perdre. Je rentre souvent bredouille mais ce n’est pas grave, cela donne encore plus de force et d’émotion lorsque la rencontre est fructueuse et que mon cœur se met à battre la chamade. Pour assouvir cette passion pour la nature sauvage, il ne m’a pas été nécessaire d’aller à l’autre bout du monde. Ma Lorraine natale, sur le pas de la porte, offre à tous les amoureux de la nature des instants privilégiés à qui saura les mériter. J’ai choisi la photographie comme moyen d’expression : une manière de témoigner, de rendre un état des lieux pour à la fois partager, mais aussi sensibiliser et éveiller nos consciences sur la nécessité de préserver une nature fragilisée par des dangers toujours plus menaçants. Puissent mes quelques images être un maillon de la chaîne, celle du combat écologique qu’il est devenu impératif de mener au quotidien si nous voulons continuer à transmettre aux générations futures un patrimoine digne de ce nom.
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